Épargne

PEAC 2026 : le guide vérifié du Plan Épargne Avenir Climat

Un placement réservé aux moins de 21 ans, exonéré d'impôt, bloqué jusqu'à la majorité : sur le papier, le Plan Épargne Avenir Climat coche beaucoup de cases pour qui veut mettre de l'argent de côté pour un enfant. Mais entre les rendements « moyens » cités sans source et les listes de banques qui varient d'un site à l'autre, difficile de savoir ce qui est vrai. Voici ce que disent réellement la loi et les fiches officielles — et ce qu'on ignore encore.

Le PEAC est un produit d'épargne réservé aux moins de 21 ans résidant en France, plafonné à 22 950 €, dont les fonds financent des titres labellisés ISR ou « France finance verte ». Trois règles à retenir : blocage tant que le plan a moins de 5 ans ou que le titulaire a moins de 18 ans (sauf décès d'un parent ou invalidité), gains exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, clôture automatique l'année des 30 ans.

Le PEAC en un coup d'œil

CaractéristiqueRègle vérifiée
BénéficiairePersonne physique de moins de 21 ans résidant habituellement en France ; un seul PEAC par personne
Plafond de versements22 950 € au total
BlocageAucun retrait avant que le plan ait 5 ans d'existence ET que le titulaire ait 18 ans ; exception en cas de décès d'un parent ou d'invalidité
FiscalitéGains exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ; déclaration malgré tout obligatoire
SupportsTitres labellisés ISR ou « France finance verte » ; gestion pilotée par défaut, gestion libre sur demande expresse
ClôtureAutomatique au 31 décembre de l'année des 30 ans du titulaire ; échéance anticipée modifiable avant cette date

Ce que dit vraiment la loi

Le PEAC existe grâce à l'article 34 de la loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative à l'industrie verte, qui a inséré les articles L221-34-2 à L221-34-4 du Code monétaire et financier. Les textes d'application sont sortis huit mois plus tard : les décrets n° 2024-547 et n° 2024-548 du 15 juin 2024, le premier pour les conditions d'ouverture et de fonctionnement du plan, le second pour les placements éligibles, les stratégies d'investissement et le plafond des frais de transfert. Le produit est disponible depuis le 1ᵉʳ juillet 2024 — pas septembre, contrairement à ce que l'on lit parfois.

Qui peut en ouvrir un ? Toute personne de moins de 21 ans résidant habituellement en France. Avant 18 ans, ce sont les représentants légaux qui ouvrent le plan pour l'enfant ; entre 18 et 20 ans, le jeune peut le faire lui-même, sans intermédiaire. Une règle ne connaît aucune exception : un PEAC par personne, pas un de plus, pas un second pour diversifier.

Les sommes versées servent à acquérir des titres financiers labellisés ISR ou « France finance verte » — des entreprises et des fonds engagés sur la transition écologique et énergétique. Par défaut, la gestion est pilotée : l'établissement réduit progressivement la part des actifs les plus risqués à mesure que le titulaire approche de l'échéance choisie. C'est une nuance qu'on lit rarement : ce n'est pas une obligation absolue, puisque le titulaire — ou son représentant légal — peut opter pour une gestion libre sur demande expresse. La fiche officielle de service-public.fr le précise noir sur blanc, à jour au 13 décembre 2024.

La fiscalité, le vrai point fort

C'est là que le PEAC se distingue réellement des autres enveloppes. Les gains — plus-values, intérêts et dividendes réinvestis — sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, sans aucune condition de ressources. Rien à voir avec le LEP, par exemple, qui impose un plafond de revenu fiscal de référence pour en bénéficier. Un détail que beaucoup passent sous silence : l'exonération ne dispense pas de déclarer. Les gains nets du PEAC, même non imposables, doivent figurer sur votre déclaration de revenus annuelle.

Le rendement du PEAC : ce qu'on sait, ce qu'on ignore

Voici la question qui fâche : combien rapporte réellement un PEAC ? Et la réponse honnête, en octobre 2026, est qu'on ne sait pas précisément à l'échelle nationale. Ni la Banque de France ni l'Autorité des marchés financiers ne publient, à notre connaissance, de statistique agrégée sur le rendement moyen des PEAC ou sur le nombre exact de plans ouverts en France. Le produit reste récent, les encours probablement encore modestes, et chaque établissement pilote sa propre allocation : un PEAC en gestion pilotée chez un assureur et un PEAC équivalent chez une banque en ligne n'ont aucune raison de produire le même résultat une année donnée.

Ce que l'on peut affirmer, en revanche, c'est la nature du produit : le PEAC loge des titres financiers, pas un taux garanti par l'État. Sa performance dépend des marchés sur lesquels sont investis les supports labellisés, et elle peut donc être négative certaines années, en particulier sur la poche la plus exposée aux actions. Si un conseiller ou un article vous avance un pourcentage de rendement précis sans citer sa source primaire, la question à poser est simple : laquelle ?

Simulation illustrative sur 18 ans (pas une promesse)

Une simulation aide à se projeter, à condition de ne jamais la confondre avec une performance garantie. Prenons un versement de 100 € par mois pendant 18 ans, soit 21 600 € versés au total — sous le plafond de 22 950 €. Avec une hypothèse de rendement de 2 % net par an, capitalisée mensuellement, le capital atteindrait environ 25 974 €, soit près de 4 374 € d'intérêts. Avec une hypothèse à 4 % net, toujours purement illustrative, on atteindrait environ 31 559 €, soit près de 9 959 € d'intérêts. Ces deux montants sortent d'un calcul mathématique sur un taux choisi arbitrairement pour l'exercice, pas d'une performance réelle du PEAC, et ne constituent en aucun cas une comparaison chiffrée avec le taux actuel du Livret A, qui évolue régulièrement et doit être vérifié au moment où vous lisez ces lignes.

Où ouvrir un PEAC ?

Tous les établissements ne proposent pas encore de PEAC, et le paysage évolue vite. La meilleure approche reste de vous renseigner directement auprès de votre banque ou de votre assureur habituel : demandez-leur s'ils distribuent le produit, quels frais de gestion s'appliquent et quel profil de gestion est proposé par défaut. Nous ne publierons pas ici de liste d'enseignes ni de grille de frais par établissement : ces informations varient, changent sans préavis, et aucune publication officielle n'en dresse de comparatif complet à ce jour. Une donnée est en revanche vérifiée : les frais de transfert d'un PEAC vers un autre établissement sont plafonnés à 1 % des droits acquis, et ce transfert devient gratuit dès que le plan a plus de 5 ans et que le titulaire a au moins 18 ans.

Les limites à connaître avant d'ouvrir

Le PEAC a trois défauts à regarder en face. D'abord la liquidité : aucun retrait n'est possible avant que le plan ait 5 ans d'existence et que le titulaire ait atteint 18 ans, sauf décès d'un parent ou invalidité justifiée par une attestation. Si votre enfant a besoin de cette somme à 15 ans, la réponse est non, sans négociation possible. Ensuite, l'absence de garantie : contrairement au Livret A, dont le taux est fixé par l'État, le PEAC loge des titres financiers soumis aux aléas des marchés — la valeur peut baisser certaines années. Enfin, un plafond de 22 950 €, vite atteint pour les familles qui épargnent beaucoup chaque mois ; au-delà, il faut regarder d'autres enveloppes, notamment une assurance-vie ouverte par les parents avec une clause bénéficiaire adaptée.

Pour qui le PEAC est-il pertinent ?

Un PEAC ouvert tôt — disons avant les 10 ans de l'enfant — a le temps d'absorber les creux de marché et de profiter pleinement de la réduction progressive du risque à l'approche de l'échéance. Ouvert à 17 ans, l'intérêt s'amenuise nettement : il reste trop peu de temps avant la fin du blocage de 5 ans pour qu'une allocation en titres ait vraiment du sens. Un Livret A, ou un LEP si l'adolescent perçoit déjà des revenus (notre guide pour ouvrir un LEP détaille les conditions), conviendra mieux à un horizon aussi court.

Face au Livret A, le PEAC n'offre ni la même liquidité ni la garantie de capital, mais il affiche un avantage fiscal comparable — les deux sont exonérés — et un fléchage vers la transition écologique que le Livret A n'a pas. Face à une assurance-vie ouverte au nom de l'enfant par ses parents, le PEAC a un atout juridique distinct : les sommes appartiennent au jeune dès l'ouverture, et non aux parents via une simple clause bénéficiaire, ce qui compte si la question de la transmission se pose un jour — un sujet que nous détaillons dans notre page sur les abattements de donation. Pour une vision d'ensemble de ces arbitrages entre enveloppes, notre guide de l'épargne 2026 reprend chaque option famille par famille.

Après avoir recoupé les textes de loi et les fiches officielles plutôt que les articles qui se copient entre eux, mon avis tient en quelques lignes : le PEAC est un produit sérieux, mal expliqué, et probablement sous-utilisé parce que la pédagogie à son sujet a été mauvaise — trop de chiffres inventés, trop peu d'explications sur ce qu'il finance réellement et sur ses vraies contraintes. Pour un enfant jeune et une épargne que vous pouvez immobiliser durablement, il mérite une place à côté du Livret A, pas à sa place. Pour un adolescent proche de la majorité, mieux vaut regarder ailleurs. Et si quelqu'un vous cite un « rendement moyen du PEAC » assorti d'une décimale précise, demandez-lui sa source : à ce jour, elle n'existe dans aucune publication officielle.